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S'entraîner aux krachs Lehman et Covid en backtesting

Les krachs ne surviennent qu'une fois tous les quelques années en conditions réelles, mais sur des graphiques passés, on peut les reproduire autant de fois qu'on le souhaite. En prenant pour sujets le krach de Lehman (2008) et le krach du Covid, voici comment s'entraîner de façon répétée à la prise de décision en phase de krach, sans risque de perte réelle, à travers la comparaison de deux krachs de natures différentes.

Comment se comporter lorsque le marché s'effondre violemment — c'est, pour beaucoup de traders, le thème que l'on aimerait le plus travailler mais qu'il est le plus difficile de travailler. Car un krach ne survient, en conditions réelles, qu'une fois tous les quelques années. À attendre le prochain krach, on n'a presque aucune occasion d'aiguiser son jugement.

C'est là que le backtesting devient précieux. En utilisant les graphiques du passé, on peut rembobiner le krach de Lehman comme le krach du Covid et reproduire autant de fois qu'on le veut la situation de l'époque. Et comme il s'agit de capital virtuel, une erreur de jugement n'entraîne aucune perte réelle. Dans cet article, en prenant ces deux krachs historiques pour sujets, nous faisons le point sur la façon de s'entraîner à la prise de décision en phase de krach avec le Chart Replay d'ENTRIQ.

Les bases mêmes du backtesting et du Chart Replay sont traitées dans Chart Replay expliqué|s'entraîner sur des graphiques passés. Le présent article en constitue le prolongement appliqué : « comment s'entraîner sur les phases les plus difficiles ».

Pourquoi ce sont justement les phases de krach qu'il faut travailler

Le marché en temps normal et le marché en période de krach ont une nature à ce point différente qu'on peut les considérer comme deux choses distinctes. L'amplitude des mouvements devient plusieurs fois supérieure à la normale, et les supports comme les lignes de tendance qui devraient tenir en temps normal cèdent les uns après les autres. Et surtout, de l'autre côté de l'écran, vos propres émotions sont violemment secouées.

La répétition des phases de krach

C'est précisément ce « bouleversement émotionnel » qui rend les phases de krach si difficiles. Vendre dans la panique au milieu de la baisse, ou bien répéter des prises de position à contre-tendance trop précoces en se disant « ça doit être le creux » — de telles décisions ne s'acquièrent pas en contemplant des graphiques de période normale, aussi longtemps soit-il. Il faut avoir l'expérience de regarder un écran qui continue de baisser, sans voir l'avenir.

Avec le backtesting, on peut accumuler cette expérience sans risque de perte réelle. On rembobine le graphique du krach de l'époque et on avance bougie après bougie, l'avenir masqué. On décide « est-ce que je vends ici » ou « est-ce que j'achète ici » sans connaître le résultat. À force de répéter cela, on se construit un socle qui aide à ne pas se laisser emporter par ses émotions le jour où un krach survient réellement.

Sujet 1 : le krach de Lehman (2008) — une baisse longue et progressive

Commençons par en cerner la nature. Le krach de Lehman n'a pas été une chute brutale d'un seul coup, mais un krach où la baisse s'est poursuivie longuement et progressivement.

Graphique du krach de Lehman

Si l'on regarde l'indice S&P 500, indicateur représentatif de l'ensemble du marché, on estime qu'entre le sommet d'octobre 2007 et le creux de mars 2009, il a baissé de plus de 50 % sur environ un an et cinq mois (à titre de valeur de référence pour le mouvement d'ensemble du marché). En intercalant à plusieurs reprises des rebonds qui laissaient penser « c'est le creux maintenant », il finissait malgré tout par inscrire de nouveaux plus bas — c'était une manière de baisser qui mettait la patience à l'épreuve.

Ce que ce krach de type long permet de travailler, c'est la reproduction du schéma « se jeter sur les rebonds et se faire prendre à répétition ». Au cours d'une tendance baissière, des rebonds d'apparence vigoureuse surgissent maintes fois. On juge alors « c'est le point bas », on achète, ça rebaisse et on coupe la perte — répéter cela est le piège dans lequel beaucoup tombent en marché baissier de long terme.

Pour s'entraîner sur ENTRIQ, l'objet porte sur des actions américaines individuelles qui ont fortement bougé à l'époque. Par exemple, en rembobinant en replay des titres du secteur financier qui ont violemment chuté lors du krach de Lehman, on vérifie « comment est-ce que je finis par réagir sur un rebond en pleine baisse » sans connaître le résultat.

Dans l'entraînement à la baisse de long terme, ce qu'il faut observer, plus que les gains et les pertes eux-mêmes, c'est « combien de fois j'ai fait une prise de position à contre-tendance trop précoce ». À force de répéter les replays, on voit apparaître les habitudes des points où sa main se met facilement en mouvement.

Sujet 2 : le krach du Covid (2020) — une chute brève et brutale suivie d'un net rebond

Le krach du Covid a une nature diamétralement opposée à celle de Lehman.

Graphique du krach du Covid

Si l'on regarde l'indice S&P 500, on estime qu'entre le sommet du 19 février 2020 et le creux du 23 mars, il a baissé d'environ 34 % en à peu près un mois. La baisse que Lehman avait mis plus d'un an à accomplir, le Covid l'a réalisée en tout juste un mois : un krach extrêmement rapide. Et la reprise a elle aussi été rapide : on estime qu'environ cinq mois plus tard, en août, il avait presque effacé la baisse.

Ce que ce krach de type court permet de travailler, c'est la reproduction de la sensation de « rester sans rien pouvoir faire, tant c'est rapide ». Sur un marché qui bouge de plusieurs pour cent en une journée, le temps de réfléchir posément et la situation a déjà changé. La décision d'entrée comme la décision de stop loss doivent être prises dans un temps radicalement plus court que d'ordinaire.

Sur ENTRIQ, on peut reproduire en replay des actions américaines individuelles qui ont fortement bougé lors du krach du Covid et s'entraîner à « suis-je capable de décider dans cette vitesse ». Si l'entraînement Lehman revient à « la patience et la retenue face à la prise de position à contre-tendance trop précoce », l'entraînement Covid revient à « la rapidité de décision dans un déroulement accéléré ». Même s'il s'agit d'un krach dans les deux cas, ce ne sont pas les mêmes muscles que l'on travaille.

Ce que la comparaison des deux krachs fait apparaître

L'intérêt de travailler ces deux krachs côte à côte, c'est de ressentir concrètement que les krachs ont des « types ».

Krach de LehmanKrach du Covid
Manière de baisserLong terme, progressifCourt terme, brutal
Durée indicativeEnviron un an et cinq moisEnviron un mois
Point travaillé à l'entraînementRetenue de la prise de position à contre-tendance trop précoce, patienceRapidité de décision dans un déroulement accéléré
Piège fréquentSe jeter sur les rebonds et enchaîner les stop lossÊtre submergé par la vitesse et rester sans rien faire

※ Les taux de baisse et les durées sont des valeurs de référence pour le mouvement de l'ensemble du marché (l'indice). Ce que l'on travaille réellement sur ENTRIQ, ce sont des actions américaines individuelles, dont les mouvements diffèrent d'un titre à l'autre.

Sous le seul mot de krach se cachent des baisses qui arrivent progressivement sur le long terme et d'autres qui arrivent brutalement sur le court terme. Avoir vécu les deux en backtesting permet, la prochaine fois que le marché s'effondrera, d'y faire face avec sa propre lecture : « est-ce un type Lehman ou un type Covid ? ». C'est un point de vue que l'on n'obtient pas en ne regardant qu'un seul des deux, ou seulement des graphiques de période normale.

Pour ne pas « en rester là » avec l'entraînement au krach

Rejouer une phase de krach une seule fois et en rester à « ça faisait peur », ce n'est pas s'entraîner. C'est là qu'intervient l'importance de la tenue d'un journal.

Sur ENTRIQ, on peut consigner les trades virtuels réalisés en phase de krach en leur attribuant des Strategy Tags. En séparant par exemple les tags selon le type de krach et sa propre méthode, comme « Lehman – vente sur repli » ou « Covid – contre-tendance en pleine chute », on peut revenir a posteriori, tag par tag, sur « dans quelle phase, avec quelle décision, et avec quel résultat ». La façon même de tenir un journal de trading est traitée en détail dans Tenir un journal de trading|bilan avec les Strategy Tags.

Ce qui apparaît au fil des répétitions, ce n'est pas tant le chiffre des gains et des pertes que l'habitude : « dans quelle phase d'un krach, et quel type d'erreur de jugement je suis enclin à commettre ». Une fois cela identifié, on devient capable de marquer une pause quand la même phase se présente réellement. L'objectif de l'entraînement au krach n'est pas de deviner le krach, mais de parvenir à se maîtriser lorsqu'un krach survient.

Point d'attention : un krach passé n'est pas « la réponse »

Pour finir, une chose importante à écrire noir sur blanc.

S'entraîner sur les graphiques d'un krach passé sert uniquement à « observer ses propres décisions de façon répétée ». Le rétroviseur du type « c'était le creux ici lors de Lehman, donc la prochaine fois il suffira d'acheter au même endroit » n'est pas le but de l'entraînement, et rien ne garantit qu'il fonctionnera de la même manière lors du prochain krach. À chaque krach, les causes, les mouvements de prix et la manière de se redresser diffèrent.

Ce que l'on travaille en backtesting, ce n'est pas de mémoriser une bonne réponse précise, mais la capacité à décider dans une situation où l'avenir est invisible, puis à revenir sur cette décision. Cette capacité reste applicable quelle que soit la forme du krach à venir.

Questions fréquentes (FAQ)

Q. Y a-t-il un intérêt à s'entraîner sur des phases de krach à partir de graphiques passés ? A. Oui. Comme un krach ne survient en conditions réelles qu'une fois tous les quelques années, on ne peut pas accumuler d'expérience avec le seul temps réel. Sur des graphiques passés, on peut reproduire un même krach autant de fois qu'on le veut et, comme il s'agit de capital virtuel, s'entraîner de façon répétée à décider sans risque de perte réelle.

Q. Peut-on s'entraîner sur l'indice S&P 500 lui-même dans ENTRIQ ? A. Les taux de baisse et les durées présentés dans cet article sont des valeurs de référence pour le mouvement de l'ensemble du marché (l'indice). Ce que l'on travaille sur ENTRIQ, ce sont des actions américaines individuelles : on reproduit en replay des titres qui ont fortement bougé lors du krach pour s'entraîner à la prise de décision.

Q. L'intérêt de l'entraînement diffère-t-il entre Lehman et le Covid ? A. Oui. Lehman est du type baisse longue et progressive, avec au centre « la retenue de la prise de position à contre-tendance trop précoce et la patience » ; le Covid est du type baisse brève et brutale, avec au centre « la rapidité de décision dans un déroulement accéléré ». Faire les deux permet de ressentir concrètement la différence de type entre les krachs.

Q. Quel est le point le plus important à observer dans l'entraînement au krach ? A. Plus que le chiffre des gains et des pertes, c'est l'habitude : « dans quelle phase d'un krach, et quel type d'erreur de jugement je suis enclin à commettre ». En consignant avec les Strategy Tags et en faisant son bilan, on voit apparaître les schémas dans lesquels on tombe facilement.

Q. Peut-on aussi s'entraîner sur des phases de krach des actions japonaises ? A. Au moment de la rédaction de cet article, les actifs pris en charge par ENTRIQ sont les actions américaines, le Forex, les matières premières et les cryptomonnaies (les actions japonaises ne sont pas prises en charge). Lorsque les actions japonaises seront prises en charge, nous prévoyons de traiter séparément une méthode d'entraînement dédiée.


※ Cet article a pour objet d'expliquer des méthodes de backtesting et d'entraînement au trading ; il ne recommande ni titre ni méthode d'investissement particuliers, et ne garantit ni les mouvements de prix futurs ni des profits. Les taux de baisse et les durées cités sont des valeurs de référence pour le mouvement de l'ensemble du marché et reposent sur les informations publiques des sources respectives. Les décisions d'investissement relèvent de votre propre responsabilité.

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